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Tuesday, May 10, 2011

European Cup 1973 1974 Bayern München Dynamo Dresden Both Legs

Second Round,
First & 
Second Leg
October & November 1973

 Le Bayern se trouve devant la täche redoutable d'affronter Dresde, representant d'un football est-allemand qui monte vers le sommet. S'il n'a pas le brio et la fantaisie latines que possede en partie (et curieusement) le football ouest-allemand en general et le Bayern en particulier, le Sport de la R.D.A. s'appuie sur des methodes de preparation et de recrutement presque parfaites. Il ressemble de moins en moins au canard sauvage que l'on tire au petit matin dans les marais. Il a sa force et sa personnalite.

Second Round,
First Leg
24 October 1973
Olympiastadion, Munich

Attendance: 50,000
Referee: Davidson (Scotland)

Le Bayern est d'autant plus inquiet qu'il n'est pas très brillant à ce moment-là. Il a trois points de retard sur Moenchengladbach en championnat et son équipe parait très fatiguée. Il aborde donc son match-aller contre Dresde à Munich sur la pointe des pieds, malgré la volonté exacerbée de ses joueurs de ne pas lâcher prise. Il marque quatre buts mais il vit une épouvantable soirée : il est mené en effet 2-1 et 3-2 sur son terrain avant d'arracher à la force des dents un 4-3 mi-figue mi-raisin.
Gerd Muller. qui a marqué le dernier but sept minutes avant la fin, parie une bouteille de Champagne avec Sepp Herberger que le Bayern se qualifiera. « J'ai senti revenir nos forces dans la dernière demi-heure, dit Muller. Je n'ai pas le moindre doute quant à notre qualification. » Oncle Sepp est moins optimiste : « Je ne donne pas cher de la peau du Bayern à Dresde. Il doit s'attendre au pire. »
Ce duel entre les frères séparés remue beaucoup de sentiments dans les deux Allemagnes. comme on peut l'imaginer. Chacun des deux camps reste prudent, pour ne pas déplacer sur la scène sportive un problème politique qui reste d'une acuité constante.
Les dirigeants de Dresde ont ainsi la courtoisie de ne pas s'offusquer de l'indélicatesse des gens du Bayern passant huit heures en tout et pour tout sur leur territoire parce que « la différence de niveau entre Munich (500 mètres) et
Dresde (100) risquait de déranger leurs joueurs ». On a déjà connu de meilleur alibi. D'autre part, le Bayern risquait des ennuis avec l'U.E.F.A. puisqu'un point du règlement dit que « l'équipe visiteuse, comme l'arbitre, doit être à pied d'œuvre au moins la veille du match ». Dresde eut le bon goût de ne pas réclamer sur le tapis vert ce qu'il avait perdu sur l'herbe verte.

[Wilhelm Hoffmann 17, Bernd Dürnberger 26, Franz Roth 72, Gerd Müller 83; John Hansen 13og, Rainer Sachse 34, Gerd Heidler 42]
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Second Round,
Second Leg
7 November 1973
Rudolf-Harbig-Stadion, Dresden

Attendance: 36,000
Referee: Robert Wurtz (France)

Car Dynamo Dresde, sur son propre terrain. devant un public-record. ne reussit pas ä vaincre le Bayern epris de qualitication. II marque bien trois buts, ce qui fait six au total, performance dont peuvent s'enorgueillir peu d'equipes en Europe mais le Bayern en marque sept (4-3 ä l'aller, 3-3 au retour). II doit ce match nul ä Uli Hoeness, un gaillard eclatant de sante dont la poitrine ressemble ä une tbrge et les cuisses ä des poutres musculeuses. Etudiant en sciences economiques, Hoeness s'est lance dans le football professionnel en prenant ses garanties :« Je ne veux pas etre devore par le ballon rond. dit-il. Je veux vivre bien et consacrer une partie de mon temps ä d'autres activites humaines. D'ailleurs, apres la Coupe du Monde, je preparerai assidüment mon doctorat. »
En attendant ce jour proche, Hoeness donne tout au football. Contre Dresde, il marque deux buts flamboyants et assassins (lle, 13e minutes) que l'equipe est-allemande grignotera ensuite au point de mener 3-2 ä la 55e minute, ce qui lui donne ä^ce moment-lä la qualification, par le biais des buts comptant double ä l'exterieur. Mais le Bayern possede des ressources physiques et morales — il le prouvera encore — insoupconnables. C'est Gerd Muller, « der Bomber der Nation »(le bombardier de la nation) qui marque le but necessaire et süffisant sur une admirable passe de Hoeness, heros de la soiree. Le Bayern commence ä croire en son destin, les autres favoris tombant comme des mouches vaporisees au fly-tox.
Ainsi, Bruges dont on disait monts et merveilles, elimine par Bäle sur un score de rubgy : 6-4, avec cinq buts en vingt minutes de la 19e ä la 39e .« Ils sont fous. ces petits Suisses! » disent les Belges depites.

[Siegmar Wätzlich 42, Hartmut Schade 54, Reinhard Häfner 56; Ulrich Hoeness 10, 12, Gerd Müller 60]
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Caps First Leg










Caps Second Leg







Sunday, May 8, 2011

European Cup 1986 1987 Fc Porto Bayern München

Final
Prater, Wienn
27 May 1987
Referee Alexis Ponnet
Attendance 56 000

 La finale de la Coupe des Champions 1987 vient de s'achever. Les joueurs du F.C. Porto sous la conduite de leur capi-taine Joap Pinto qui refuse de se dessai-sir du precieux trophee, en ont termine avec leur tour d'honneur. Au centre du terrain, les Munichois effondres ont observe la scene de loin. La tete dans les mains, Jean-Marie Pfaff n'en revient pas encore. Et c'est alors que se produit la scene la plus sympathique de cette formidable soiree. Alignes en rang d'oignons, a quelques metres de la ligne de louche el face a la tribune d'honneur, les joueurs de Porto recjoivent l'hommage de leurs adversaires qui defilent devant eux en leur serrant la main. Plus qu'une cere-monie, ce geste represente la victoire du football.

Cette journee de finale europeenne s'est d'ailleurs remarquablernent passee. Les Autrichiens tres craintifs devant le deferlement de milliers de supporters etrangers n'avaient pas fait les choses a moitie. Des le passage de la frontiere du cote suisse aussi bieri que du cote allemand, des patrouilles de policiers surveillaient les arrivants. Un peu plus tard, sur le chemin du stade, les Bleus et Blancs de Porto retrouvent les Rouges du Bayern dans le pare d'attractions du Prater. L'arene sportive n'est pas loin et il est temps d'absorber un dernier ravitaillement. Se remplissant petit a petit (les spectateurs autrichiens ne venant qu'au dernier moment), les tribunes vibrent majoritairement pour le Bayern.
Le club portugais presente d'entree un visage defensif. Seul le jeune Futre joue en pointe. Madjer et Sousa evoluant au milieu sans s'aventurer devant Andre, Quim et Jaime Magalhaes formant un premier rideau defensif tres pres des cinq de derriere. En fin de mi-temps, Madjer allait d'ailleurs de-mander du geste et de la voix a ses camarades de remonter un peu plus le terrain lorsque 1'equipe recuperait le ballon. Car avec ce schema de jeu, on ne voyait pas comment Porto pouvait inscrire son nom au palmares. Car le Bayern avait aborde la rencontre comme a son habitude : pressing, bonne occupation du terrain, presence physique, serieux, rigueur et aisance technique. Cote a 2 centre 1 par les parieurs autrichiens avant le match, le Bayern faisait s'arracher les cheveux de ceux qui avaient mis un billet sur les Portugais. 

 Mais c'etait oublier que le football d'abord se joue en deux mi-temps et aussi bien avec la tete qu'avec les jambes. Porto allait plus tard le demontrer. Les quarante-cinq premieres minutes etaient agreables a regarder. Malgre le manque d'occasions de but d'un cote comme de 1'autre. Largement domi-nes, les Portugais avaient quand meme parfois quelques velleites telle cette contre-attaque de Madjer qui fixe deux defenseurs dans le rond central et alerte Futre sur sa gauche. Plus tard, Madjer, encore lui, donne a Andre dont le tir trop croise passe devant le but de Pfaff et son. Enfin, un violent coup franc de Celso tire de 25 metres, rase la barre du but du Bayern. Mais c'etait les Allemands qui produisaient le meilleur football. Avec Nachtweih comme libero et Eder s'occupant de Futre, les arrieres lateraux Winldhofer a droite et Pfligler a gauche avaient toute liberte pour appuyer les mouvements offensifs. Brehme arpentait le flanc droit, Matthaus et Flick surveilaient 1'axe du terrain et Rummenigge se comportait comme un veritable numero 10. Enfin, en attaque, Hoeness avec sa masse athletique pesait sur les defenseurs centraux adverses et le petit Kpgl sur son aile gauche donnait le tournis a Joao Pinto, son opposant. C'est d'ailleurs le numero 11 qui allait marquer le premier but de la rencontre et de la tele s'il vous plait en depit de sa modeste taille (1,70 m). Une louche anodine de Pfligler sur 1'aile gauche, Jaime Magalhaes qui tente de repousser le ballon mais le devie dans la direction de Kogl qui ouvre le score d'une tete plongeante. Mlynarczyk sorti a la recherche d'on ne sail trop quoi est bel et bien battu. Nous en etions a la 25C minute et le Bayern avait deja la victoire en poche. Tout du moins le crut-il. Un quart d'heure plus tard, Matthaus offrait a Rummenigge 1'occasion d'ag-graver la marque mais le tir de Michael sortait de peu. La machine allemande etait pourtant lancee et a ce jeu le Bayern est difficile a vaincre. C'est justement en citant le mot de machine que 1'on comprend les forces et les faiblesses des champions de R.F.A. Le jeu des Allemands est completement stereotype.

Bref, tout le contraire du F.C. Porto. Le charme de cette equipe n'est pas seulement la technique et le jeu collectif. Cest egalement un esprit inventif dont la paternite doit etre attribuee a 1'entraineur Artur Jorge. Ajoute a de 1'audace, cette imagination a done pave. En remplaQant le demi Quim par un attaquant supplementaire. Juary. Porto piegeait le Bayern. Futre, Madjer et le Bresilien en attaque. Sousa et plus tard Frasco dans le sillage. Porto sonnait la charge. Avec vivacite. clairvoyance et classe, les Portugais egalisaient sur un but marque du talon par Madjer. Et c'est avec le cosur que Juary (bien aide par le centre de Madjer) donnait la victoire aux outsiders. Sans Lima Pereira. sans Gomes, sans Pacheco. sans Casagrande, avec un Bresilien rejete par 1'Inter Milan (Juary), un Algerien insuffisant pour le Racing C.P. Madjer et une grande vedette du football international (Futre), le F.C. Porto a bien merite sa victoire a Tissue d'une finale magnifique.



Goals 24' Kögl 0-1, 77' Madjer 1-1, 79' Juary 2-1
F.C.Porto Józef Młynarczyk ; João Pinto, Eduardo Luís, Celso, Augusto Inácio (55' Antonio Frasco) ; Quim (46' Juary), Jaime Magalhães, Rabah Madjer, António Sousa, António André ; Paulo Futre
Coach : Artur Jorge
Bayern Munich Jean-Marie Pfaff ; Helmut Winklhofer, Norbert Nachtweih, Norbert Eder, Hans Pflügler ; Hans-Dieter Flick (82' Lars Lunde), Andreas Brehme, Lothar Matthäus, Michael Rummenigge ; Dieter Hoeness, Ludwig Kögl
Coach : Udo Lattek





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Caps















Tuesday, May 3, 2011

European Cup 1975 1976 Bayern München Real Madrid Both Legs

Semi Final,
First and Second Leg
April 1976

  On ne prête qu'aux riches. Sans doute parce que le Real Madrid possède la vitrine aux trophées la mieux remplie, le destin le flatte de ses largesses. Après lui avoir offert les visites de Derby et Moenchengladbach, deux des loups les plus ambitieux du football européen, il lui envoie le Bayern de Munich, Mohammed Ali du ballon rond, pour son cadeau de demi-finale.
Le vieux président du Real, Don Santiago Bernabeu, a promis ces derniers temps qu'il se retirerait dès que son club ne serait plus engagé en Coupe d'Europe. Or son club court vers un nouveau titre de champion d'Espagne. À 81 ans, l'homme qui a bâti l'un des clubs les plus prestigieux du monde, n'est pas fatigué. Il est lucide et il dit, comme s'il pressentait le geste du spectateur fou qui va frapper l'arbitre : « La Coupe d'Europe est devenue quelque chose d'incontrôlable. Tout le monde s'en mêle. Nous allons encore battre un record à l'occasion de cette demi-finale contre le Bayern, mais j'aimerais que tout le monde retrouve un peu de mesure. Ah, que la Coupe d'Europe était belle il y a vingt ans ! »



Semi Final, First Leg
31 March 1976
Santiago Bernabéu Stadium,
Madrid
 Referee : Linemayer

C'est vrai que le réalisme a pris le pas sur l'aventure, le Bayern de Munich étant le champion de la nouvelle méthode. Persuadés d'ailleurs que les Bavarois vont fermer la porte et jouer les attentistes, les journaux espagnols prévoient que « ce ne sera pas un beau match ». 125 000 spectateurs n'en croient pas un mot. A eux tous, ils savent bien qu'ils porteront leur Real vers la lumière et peut-être vers la gloire. Malheureusement pour lui, le Real a épuisé contre Moenchengladbach son capital de chance. Déjà privé de Breit-ner et Pirri avant le coup d'envoi, il perd sur le terrain et Velasquez (claquage à la cuisse) et Roberto Martinez (fractures du nez dans un choc avec Maier). Auparavant, il a joué de manière éblouissante pendant une demi-heure, marquant un but superbe par Roberto Martinez (8e minute) et gênant énormément le Bayern par son rythme très élevé.

 Mais la sortie de Velasquez et le but madrilène vont influer sur le cours des choses. Mené à la marque, le Bayern ne peut plus rester dans son terrier. Le renard pointe donc son museau et entreprend d'aller humer le bon air des grands espaces. On voit Beckenbauer abandonner sa tour d'ivoire et multiplier les sorties audacieuses. Dans cet exercice de créateur offensif, le Kaiser est un maître. Son aisance technique, son jugement lumineux des situations lui donnent une grande marge de sécurité. La présence rassurante de Gerd Muller aux avant-postes l'encourage à appuyer ses actions. Depuis que « le gros » est revenu dans l'équipe, celle-ci n'a perdu qu'une seule rencontre. Il est là, avec sa démarche d'ours mal léché, ses grosses cuisses et son derrière qui traîne. Il laisse faire le temps, encourageant son garde du corps Benito à prendre des initiatives, le confortant dans l'idée qu'il est le plus fort. A l'autre bout du terrain, Sepp Maier vient de réussir un prodigieux arrêt sur un tir de Roberto Martinez. Gerd Muller a compris, la balle est pour lui. Un jaillissement à la limite du hors-jeu, une feinte accentuée par les deux coudes en saillie pour faire exploser Benito et adieu Berthe ! Le tir du monstre laisse Miguel Angel le nez dans le gazon.

 Plus tard, Benito expliquera que Muller « travaille beaucoup avec les coudes ». Interrogé, le gros Gerd répondra qu'il ne se souvient pas mais qu'en tout état de cause « sortir les ailerons au bon moment fait partie du jeu ». Pour un bombardier, cela paraît en effet tout indiqué. Est-ce cette sortie d'ailerons, est-ce le caractère froid et calculateur du Bayern, toujours est-il qu'un spectateur madrilène jaillit sur le terrain au coup de sifflet final et frappe successivement Muller et l'arbitre autrichien M. Linnemayer. Il faut que Maier neutralise lui-même l'excité avant que les policiers n'arrivent. « Décourageants ces Munichois, écrit France-Football. Implacables, sérieux, froids, efficaces. De vrais professionnels de notre temps, hautains, intouchables sur le terrain comme en dehors. » « Les Bavarois vont réussir à égaler Ajax parce qu'ils sont les plus forts, ajoute France-Soir. Pas les plus beaux. Et parce qu'ils ont un portefeuille à la place du cœur. »

Goals:    1-0 Roberto Martínez 7´, 1-1 Müller 43´.
Real;
Miguel Angel, Sol, Rubiñán, Del Bosque, Camacho, Amancio, Netzer,
Velázquez (Vitoria 35´), Santillana, Roberto Martínez (Guerini 64´).
Bayern;
Maier, Horsmann, Neckenbauer, Hansen, Schwarzenbeck,
Durberger, Rummenige, Hoëness, Kapellmann, Müller, Roth.


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Semi Final, Second Leg
14 April 1976
Olympiastadion, München
Attendance 78.000
Referee: Thomas
 Pour la prime de qualification à la finale, Beckenbauer a demandé à ses dirigeants une somme proportionnelle à la recette du match retour contre le Real : un centième pour chaque joueur, soit environ 4 millions d'anciens francs. L'argent passe avant la poésie au Bayern. Pourtant, en bons professionnels qu'ils sont, les joueurs du Bayern savent également assurer le spectacle, surtout quand ils jouent devant leur public, dans ce magnifique stade olympique de Munich qui a vu la victoire de cinq d'entre eux en Coupe du Monde 1974. Contre le Real, où Breitner et Pirri sont présents cette fois-ci, le Bayern donne un spectacle total, une leçon de football offensif, une démonstration de son indiscutable talent collectif.
 

 Là encore, c'est la fameuse trilogie Maier-Beckenbauer-Muller qui emmène le Bayern au triomphe. Et l'intelligence ! Car. aux grands coups de pied à suivre de Netzer, l'équipe munichoise oppose un jeu très court, donc précis, avec rupture volontaire de rythme. Beckenbauer. sautillant et trottinant, mène la balle à coups de caresses, sans se presser. Et puis d'un seul coup, la tempête s'élève avec des rafales de vent vertigineuses. « Le gros » est encore dans un bon jour. C'est lui qui marque les deux buts du Bayern (9e et 31e minute ). deux buts impressionnants de justesse. Sur le premier, un tir foudroyant du pied gauche après un démarrage et une passe de Durnberger. Sur le second, un tir précis du pied droit au milieu de trois défenseurs adverses. Pirri, Benito et Cama-cho. Que faudrait-il faire pour annihiler Muller ?

 Le Real se retire sous sa tente. Sur lui pèse une sanction de l'Union Européenne pour le geste scandaleux du spectateur fou le 31 mars. Son capitaine Amancio, pour le dernier match international de sa carrière (il a 37 ans) se fait expulser pour une broutille de langage. Miljanic son entraîneur, annoncé sous les couleurs d'Arsenal, précise qu'il va rester à Madrid. « Le Bayern possède une bien belle équipe. Nous allons travailler, au Real, pour l'égaler un jour et pour être digne de notre grande équipe passée, celle de Di Stefano. » Le sélectionneur espagnol, Kubala. venu à Munich pour préparer les deux matches R.F.A.-Espagne de Coupe d'Europe des Nations, qualifie le Bayern « d'équipe fabuleuse ».

Goals:    1-0 Müller 9´, 2-0 Müller 31´.
Bayern, Maier, Hansen, Beckenbauer, Schwarzenbieck, Horsmann, Roth,
Rummenige, Dürnberger, Müller, Hoënness, Kapellmann.
Real, Miguel Angel, Sol, Benito, Pirri, Camacho, Del Bosque, Amancio,
Breitner, Santillana (José Luis 46´), Netzer, Guerini.



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Caps Second Leg













  A l'issue du match aller de la demi-finale de Real Madrid-Bayern Munich, les pronostics étaient largement en faveur des Allemands. Leur prestation chez les Espagnols avait en effet laissé apparaître une telle supériorité technique et tactique qu'un renversement sur le stade olympique le 14 avril eût été des plus miraculeux, même si le Real avait réussi le 3 mars un extraordinaire match nul (deux buts partout) contre Mônchengladbach. D'ailleurs, après neuf minutes de jeu seulement, en cette belle soirée du 14 avril, les jeux étaient faits. Une série de dribbles de Dùrnberger, (ragaillardi le matin même du match par l'annonce de sa première sélection en vue du match de Coupe des Nations Espagne-Allemagne Fédérale disputé à Madrid le 24 avril), une courte passe à Gerd Mùller, un tir en force sous la barre, un plongeon désespéré de Miguel Angel le gardien madrilène et le score de un but à zéro s'inscrit sur le tableau d'affichage en faveur du Bayern. 75 000 spectateurs laissent éclater leur joie : pour eux comme pour tous les journalistes présents, la qualification ne peut plus échapper aux joueurs en maillot rouge. D'ailleurs les offensives ne vont pas cesser durant toute la première mi-temps ; seule la malchance empêchait Mùller d'inscrire de nouveaux buts. 

 Ce dernier, à la trente et unième minute devait quand même parvenir à aggraver la marque d'une manière tout à fait personnelle. Le dos au but, entouré de trois joueurs madrilènes, il reçoit un ballon de l'omniprésent Kapellmann. Un dribble en pivot suivi d'un tir sans élan et le ballon pénètre une nouvelle fois dans le but de Miguel Angel : un shoot comme Mùller en a exécuté des dizaines de fois. La seconde période n'allait rien donner de positif quant au score. En revanche la domination qu'allait exercer le Bayern laissait entrevoir sa très grande maturité dans la conservation d'un résultat. La balle courait de pied en pied et les Madrilènes s'époumonnaient à vouloir la reprendre. Les Allemands montraient à ce moment-là qu'il ne faisait pas bon être mené au score face à eux. Le coup de sifflet final donné par l'arbitre ouvrait enfin les portes de Glasgow à une équipe qui n'aura pas connu, cette saison, de grandes difficultés en Coupe d'Europe. En seizième, ce sont les modestes Luxembourgeois d'Esch-sur-AIzette qui firent les frais du rouleau compresseur allemand : cinq buts chez eux (deux de Zobel, deux de Rum-menigge et un de Schuster) et trois à Munich (hat-trick de Schuster remplaçant alors Mùller indisponible). Pour les huitièmes, les choses allaient légèrement se compliquer face aux Suédois de Malmô F.F. Le match aller se soldait par une défaite chez les Nordiques (0-1), mais devant 50 000 spectateurs au stade olympique, Dùrnberger et Tortens-son remettaient les montres à l'heure et qualifiaient l'équipe pour les quarts de finale. 

 C'était au tour de Benfica de connaître l'affront de l'élimination. Résultat nul à Lisbonne (0-0) et victoire écrasante à Munich (1-5) grâce aux buts de Dùrnberger et Mùller enfin rétabli (deux chacun) et un •• auto-goal » du Portugais Barros. Enfin en demi-finale, Gerd Mùller « plantait » les trois buts libérateurs. Avec ce tour d'horizon, il ne faut pas sous-estimer la défense merveilleusement commandée par Beckenbauer, la plus hermétique cette saison avec celle de l'A.S. Saint-Etienne. Est-ce à dire que la finale verra s'opposer deux équipes défensives ? Certainement pas, vu les possibilités constructives des deux formations. La bataille sera gigantesque au milieu du terrain. Car les Allemands jouent d'une manière très homogène et si les éclairs de génie sont très rares, la solidité de l'équipe est impressionnante. Dans les buts, Sepp Maïer ne connaît pas beaucoup de passages à vide : le rideau défensif tiré devant lui étant quand même un atout majeur pour la réussite. Les arrières latéraux Hansen et Horsmann pratiquent un marquage individuel très strict ainsi que Schwarzenbeck le stoppeur. Beckenbauer, le libero, n'est plus à présenter : attention comme toujours à ses montées. Les Stéphanois se rappelleront de son but l'an dernier à Munich. Le jeu du grand Franz n'a pas changé. Au milieu du terrain, les joueurs de valeur ne manquent pas : Roth, Hoeness, Kapellmann, Dùrnberger et même Mùller qui revient sans cesse chercher le ballon pour l'apporter devant. Seul en pointe, le grand Rummenigge ne se replie pas...
Le rythme de l'équipe est loin d'avoir la même intensité que celui des « Verts » : le Bayern chercherait plutôt à casser le jeu. Les Allemands endorment l'adversaire pour mieux porter leur coup d'accélérateur, alors déterminant. Mais depuis le Dynamo de Kiev, Saint-Etienne sait que ce genre d'équipe n'est pas infaillible. Les joueurs de Munich en sont conscients. « Ils avaient très bien joué l'an dernier à Munich, alors cette fois-ci ce sera encore très dur » (Mùller) ; « Avec St-Etienne, ce sera au moins aussi difficile que contre le Real » (Beckenbauer): « Je me réjouis de voir les •< Verts •• en finale, d'autant plus que je connais bien Larqué. » (Kapellmann). Stéphanois, vous êtes attendus, vous voilà prévenus !